Critiques de musique

par Anabela Carneiro, Élève coop TG



GENE
Olympian
Polydor

Malgré les comparaisons constantes du groupe anglais Gene avec l'ancien groupe des années 80 The Smiths, la seule vraie similitude est que la voix lamentant du chanteur Martin Rossiter ressemble énormément à celle de Morrissey.
Les chansons de Olympian sont riches en sons de guitares enchanteresses et en paroles où on parle d'isolement et de honte d'une manière qui fait frissonner («I was having the time of my life/ So why did you have to die?»). Les paroles intelligentes de Rossiter réussissent à attaquer des sujets comme l'homosexualité («It's hard to be left-handed/ But smile, you're not the only one/ I know you've been left stranded/ Bruised, kicked, lost your mother's love») avec une subtilité qui laisse les paroles ambigues. Avec des chansons comme «For the dead» et «Truth, Rest Your Head», c'est l'album idéal pour les soirs où personne personne comprend ta douleur.




BOSS HOG
Boss Hog
DGC


Si vous connaissez The Jon Spencer Blues Explosion, vous connaissez leur guitare texturée, leur «feadback», et la voix menaçante de Jon Spencer. Le group a connu du succès dernièrement avec sa musique sale et rude (et le fait que Beck et Mike D. des Beastie Boys étaient des invités sur le dernier album). En direct de New York, Boss Hog est la nouvelle création de Jon Spencer et de sa femme, Cristina Martinez, mais ne se distingue pas énormément du Blues Explosion.
En mariant l'attitude punk avec le « rockabilly », les «blues» et le «funk», Boss Hog a dévoilé un premier album qui exsude l'énergie pure. Accompagnée par les «oh yeah» de Spencer en bruit de fond, la voix de Martinez est douce et délicate un moment et ensuite forte et rauque.
L'album au complet est superbe, mais il faut s'assurer de le jouer fort!



JANET JACKSON
Design Of A Decade: 1986-1996
A&M


C'est amusant des fois de regarder son enfance (et pour la plupart d'entre nous il ne faut pas regarder trop loin) et de se rappeler de la musique que l'on écoutait dans le temps. C'est parfois difficile de se rappeler. La dernière compilation de Janet Jackson, «Design of a Decade» nous simplifie la tâche.
Toutes les chansons qu'on connaît sont présentes, tels «Escapade», «What have you done for me lately» et «Control». Il y a même quelques nouvelles chansons. L'album est tellement sucré qu'on se demande si notre tolérance pour la musique des années 80 a changé depuis. C'est difficile d'écouter une heure de musique synthétique, à base de clavier et de tambour électrique, sauf peut-être pour danser. Il faut quand même avouer que Janet a du talent comme chanteur, sa voix est claire, puissante et variée. Il ne lui reste que de trouver des accompagnateurs plus humains.
Les nouvelles chansons comme «Twenty Foreplay», avec leurs paroles décidément anti famille Jackson («That's when we got it/ Close our eyes/ Feel our way through it/ I can't wait to groove ya») ne sont qu'un recyclage de ses vielles chansons. Mais, pour survivre dans le monde capricieux de la musique populaire, il faut donner ce que les jeunes veulent entendre, et, il y a dix ans, nous avons prouvé que c'est sa musique qu'on voullait.


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