Earth+5 / Terre+5

Les Femmes et le développement durable?

Par France Thiboutot

Résoudre les problèmes du développement durable... sans les femmes...mission impossible...

Formant près de la moitié de la population mondiale, les femmes ont aussi leurs mots à dire dans les décisions à prendre. Elles jouent un rôle majeur dans plusieurs secteurs d'activités. Un développement durable ne peut se faire sans la participation active des femmes. Désormais, elles apparaissent même comme la force du changement. Encore faut-il les laisser parler, les écouter...et les financer...

En 1976, les Nations Unies déclaraient cette décennie pour la femme. Un pas venait d'être franchi en donnant la parole aux femmes. Depuis, elles n'ont pas cessé de jouer un rôle au niveau de l'environnement et du développement. En 1992, au Sommet planète Terre de Rio, les femmes ont réussi à ce qu'un chapitre soit consacré aux femmes et au développement durable dans l'accord final, Action 21. À la Conférence mondiale sur les droits de l'homme, en 1993, de même qu'à la Conférence internationale sur la population et le développement, en 1994, au Sommet mondial pour le développement social, ainsi qu'à la quatrième Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes, en 1995, les femmes ont travaillé sur les questions d'environnement, la population, les droits de l'homme, la pauvreté et les rapports femmes-hommes.

Cette participation active permet aux femmes de veiller à ce que leurs préoccupations et leurs besoins soient pris en compte. Toutefois, les femmes occupant un poste de rang élevé ne sont pas nombreuses. Leur nombre devra être augmenté afin qu'elles puissent prendre part vraiment aux décisions. Outre leur faible présence au pouvoir décisionnel, les femmes doivent faire face également au problème de financement. Les projets de développement qui concernent l'environnement et les femmes ne trouvent pas facilement de fonds.

Au Canada, les politiques de financement ont beaucoup changé. Auparavant, les organisations recevaient directement de l'argent pour financer leurs activités. Aujourd'hui les subventions sont accordées par projets. Selon Madame Catherine Boldt, directrice de l'Institut de recherche canadienne pour l'avancement des femmes, "les associations ou les organismes sont en compétition les uns avec les autres pour qui recevra l'argent pour le meilleur projet. On ne travaille plus ensemble pour la même cause, c'est un peu ridicule". De plus, pour les organismes qui ne sont pas reliés aux systèmes universitaires, le financement est pénible. D'autres sources de financement devront être nécessaires. Créer un fond conjoint pour toutes les associations de femmes, serait une idée. "Cela permettrait d'avoir de l'argent pour des sujets plus troublants comme par exemple l'avortement. Maintenant, c'est très difficile, car personne ne veut être associé à de tels enjeux" souligne Mme Boldt.

La Fondation Samuel Rubin, dirigée aujourd'hui par Madame Cara Weiss, 62 ans, a trouvé une façon d'aider les gens. Les fonds de la Fondation proviennent des profits réalisés par une compagnie privée. Madame Weiss utilise cet argent pour financer différents projets. En 1995, elle a remis de l'argent à de jeunes femmes afin qu'elles puissent assister à la Conférence de Beijing. Pour elle, "c'est important de permettre à des jeunes de participer à des événements comme ceux-là. C'est une responsabilité sociale et les pays du Nord devraient faire de même envers les pays du sud; prendre une fois pour toute leurs responsabilités". Il est difficile pour les femmes d'obtenir de l'argent et c'est encore plus difficile lorsque l'on est une jeune femme. Il faut "beaucoup d'initiative, être très persuasive et créative. Il faut avoir confiance et persévérer. Les femmes ont des choses à direÉ"

Dans l'avenir se sera au tour des jeunes femmes d'aujourd'hui à porter le flambeauÉ Il reste encore beaucoup à faireÉ mais la mission est possibleÉ

Le Centre international de la Tribune des femmes a un site internet permettant d'obtenir plus d'informations:

http://www.womenink.org

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© 1997 - TG Magazine / The Students Commission
© 1997 le magazine TG / la Commission des étudiants

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